Secteurs émissions carbone: impact industries sur environnement?

21 %. C’est la part du secteur industriel dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2021, loin devant les transports terrestres. Un chiffre sans appel, derrière lequel se cachent des géants : acier, ciment, chimie. À eux trois, ils concentrent quasiment la moitié de l’empreinte carbone industrielle de la planète.

Dans ce paysage, certaines entreprises émettent plus que des États entiers. Les technologies pour réduire ces rejets existent, prêtes à être déployées, mais restent l’exception. Leur coût et les arbitrages financiers freinent leur adoption.

Panorama des émissions de gaz à effet de serre dans l’industrie mondiale

Si l’on s’attarde sur la répartition des émissions de gaz à effet de serre, le verdict tombe : l’industrie, tous secteurs confondus, pèse plus d’un cinquième des rejets mondiaux. Acier, ciment, chimie : chaque secteur s’impose avec son lot d’émissions, et chaque tonne produite laisse une marque profonde sur le climat.

Les émissions de gaz à effet de serre issues de l’industrie ne connaissent pas de frontières. Dès qu’une zone industrielle s’emballe, la courbe grimpe. En Europe, la tendance à la baisse amorcée il y a vingt ans se poursuit, mais le transfert des usines vers l’Asie a déplacé le centre de gravité mondial.

Voici où se situent les principaux pôles d’émissions :

  • Chine : champion mondial, portée par la sidérurgie et la production de ciment.
  • Union européenne : la baisse relative s’explique par un mix énergétique évolutif, mais certaines filières restent très émettrices.
  • États-Unis : la transition est plus lente, le gaz naturel reste dominant, tout comme les industries lourdes.

Cette diversité sectorielle cache aussi d’importantes disparités selon les procédés. Une tonne de ciment fabriquée en France émet moins de CO₂ qu’en Inde ou en Chine, résultat des choix énergétiques, des technologies disponibles et des réglementations nationales. Grâce à une politique volontariste, la France affiche une empreinte carbone industrielle inférieure à la moyenne européenne, en grande partie grâce au nucléaire. Mais la mondialisation efface les frontières : l’empreinte d’un produit se joue autant là où il est fabriqué que là où il sera consommé.

Quels secteurs industriels pèsent le plus lourd dans le bilan carbone ?

Quand on détaille les chiffres, une évidence s’impose : trois secteurs industriels monopolisent la majorité des émissions de carbone. D’abord, la production de ciment, presque 8 % du total mondial, portée par des procédés énergivores et inchangés depuis des décennies. L’industrie sidérurgique suit, galvanisée par une demande d’acier omniprésente dans la construction et l’industrie. Vient ensuite la chimie lourde, notamment pour la production d’engrais et de plastiques.

Les principaux secteurs émetteurs dans l’industrie hors énergie sont les suivants :

  • Matériaux de construction : ciment, chaux, plâtre, ces matériaux dominent le secteur manufacturier par leur impact climatique.
  • Métallurgie : acier, aluminium, cuivre, des filières à forte intensité carbone et aux procédés complexes.
  • Industrie chimique : production d’ammoniac, de méthanol, de résines, avec des émissions diffuses qui persistent dans le temps.

La construction s’ajoute à ce tableau, via l’utilisation de matériaux carbonés et l’empreinte des grands chantiers. En France, le secteur manufacturier et la construction cumulent à eux seuls plus de 70 % des émissions industrielles nationales, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique. Enfin, il ne faut pas négliger l’impact de l’usage des terres : la déforestation et l’exploitation intensive associées à certaines industries aggravent discrètement le bilan planétaire.

Décryptage : pourquoi la décarbonation de l’industrie est un enjeu fondamental pour l’environnement

L’industrie pèse lourd dans la balance climatique : deuxième source mondiale de gaz à effet de serre, juste derrière la production d’énergie. Les données françaises le rappellent : près d’un cinquième des émissions provient directement des usines, sans compter le transport des matières et des produits finis. La neutralité carbone visée pour 2050, inscrite dans la stratégie nationale, impose une transformation profonde des processus industriels.

Sortir la production industrielle de la dépendance aux énergies fossiles demande un changement d’échelle, qui s’appuie sur plusieurs leviers :

  • Optimiser l’efficacité énergétique des usines
  • Accélérer le recours aux énergies renouvelables
  • Électrifier les procédés industriels
  • Développer le captage et la valorisation du CO₂
  • Renforcer l’économie circulaire pour limiter la production de déchets

La marge de progression diffère selon les secteurs : la chimie et la métallurgie restent fortement tributaires du gaz et du charbon, tandis que la production de ciment se heurte à la nature même de ses réactions chimiques. Les obstacles sont techniques, économiques, mais aussi sociaux, car chaque mutation implique des reconversions et des investissements massifs.

Décortiquons les trois défis de la décarbonation industrielle :

  • Transformer les outils de production tout en maintenant la compétitivité
  • Investir dans la recherche et les technologies pour réduire l’empreinte carbone
  • Former et accompagner les salariés dans la mutation des filières

La baisse des émissions industrielles conditionne la trajectoire climatique nationale et européenne. Entre investissements publics, quotas carbone et nouvelles réglementations, les industriels n’ont d’autre choix que de revoir leur modèle. L’industrie se trouve à la croisée des chemins, bousculée par la nécessité de réduire son impact sans sacrifier son rôle économique.

Jeune femme avec moniteur de qualite de l air dans un parc urbain

Les entreprises les plus émettrices de CO2 : chiffres clés et responsabilités

La concentration des émissions industrielles saute aux yeux. En France, moins de 100 sites industriels sont responsables d’environ 60 % des émissions du secteur, d’après le ministère de la Transition écologique. Ces sites, qu’il s’agisse de raffineries, d’aciéries, de cimenteries ou d’usines pétrochimiques, appartiennent à des groupes mondiaux qui pèsent lourd dans le paysage industriel.

Chaque année, le classement reste stable : TotalEnergies, ArcelorMittal, Lafarge, ExxonMobil, Yara… Ces noms incarnent la force de frappe industrielle, mais aussi la lourdeur de leur impact sur l’environnement. Prenons l’exemple du site ArcelorMittal à Dunkerque : plus de 10 millions de tonnes de CO₂ émises chaque année, soit autant que tout le parc automobile francilien. Leur influence dépasse leurs murs, puisqu’ils entraînent dans leur sillage tout un réseau de sous-traitance.

Voici quelques exemples marquants parmi les plus gros sites émetteurs :

  • ArcelorMittal Dunkerque : premier site en France, 10 Mt CO₂/an
  • TotalEnergies Gonfreville : raffinerie majeure, plus de 2 Mt CO₂/an
  • Lafarge Saint-Pierre-la-Cour : cimenterie, 1,5 Mt CO₂/an

Les données publiques du registre européen E-PRTR appuient ce constat. La transparence sur les émissions met ces groupes face à leurs responsabilités, sous la vigilance des autorités et de la société civile. La pression s’intensifie pour accélérer la transition bas-carbone : désormais, chaque tonne de CO₂ est scrutée, chaque trajectoire passée au crible. Impossible de rester en retrait face à l’urgence climatique.